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  Travail des enfants :

A- « OIT : le travail des enfants diminue partout dans le monde », 4 mai 2006

 

Le travail des enfants, en particulier dans ses pires formes, diminue partout dans le monde, annonce un rapport de l'Organisation internationale du Travail (OIT), dans un nouveau rapport intitulé "La fin du travail des enfants : un objectif à notre portée" qui révèle que 218 millions d'enfants sont encore au travail.

 

Le rapport de l'OIT ajoute qu'à l'allure actuelle - et si l'élan mondial pour éradiquer le travail des enfants perdure - le travail des enfants dans ses pires formes pourrait être éliminé en 10 ans.

 

"La fin du travail des enfants est à notre portée", a souligné le directeur général du Bureau international du Travail (BIT), Juan Somavia, dans un communiqué publié aujourd'hui à Genève.

 

Ce nouveau rapport indique que le nombre effectif d'enfants qui travaillent à travers le monde a chuté de 11% entre 2000 et 2004, passant de 246 millions à 218 millions.

 

Qui plus est, le nombre d'enfants et de jeunes âgés de 5 à 17 ans astreints à des travaux dangereux a diminué de 26%, pour atteindre 126 millions en 2004 contre 171 millions lors de la précédente estimation. Cette baisse est encore plus accentuée parmi les enfants les plus jeunes : elle atteint 33% dans la tranche d'âge 5-14 ans, selon le rapport.

 

Le nouveau rapport est publié quatre ans après une étude précédente de l'OIT sur la question.

 

Selon l'OIT, la baisse du travail des enfants s'explique « par une prise de conscience collective ainsi qu'une volonté politique accrues, suivies d'actions concrètes, notamment en matière de lutte contre la pauvreté et d'éducation des masses, qui ont permis un "mouvement mondial contre le travail des enfants" ».

 

« Par son Programme international pour l'élimination du travail des enfants (IPEC), l'OIT aide à l'élaboration et à la mise en oeuvre des politiques nationales sur le travail des enfants », indique le communiqué.

 

« Depuis une dizaine d'années, ce programme a permis d'aider environ 5 millions d'enfants. Ces actions ont, en outre, eu un effet catalyseur important en termes de mobilisation et de démonstration que le travail des enfants peut être éliminé ».

 

Le rapport exhorte tous les Etats membres qui ne l'auraient pas déjà fait, à adopter des mesures assorties de délais d'ici 2008. Selon le rapport, plus de 30 Etats membres de l'OIT ont déjà fixé des objectifs assortis de délais qui visent 2016, parfois même plus tôt, comme date butoir d'abolition des pires formes du travail des enfants.

 

En dépit des progrès considérables réalisés dans la lutte contre le travail des enfants, le rapport souligne l'importance du combat qui reste à mener, en particulier dans l'agriculture où sept enfants sur dix travaillent. D'autres défis impliquent d'aborder l'impact du sida dans le problème du travail des enfants, et d'examiner de près les liens entre travail des enfants et emploi des jeunes.

 

Selon le rapport, c'est en Amérique latine et aux Caraïbes que le déclin du travail des enfants a été le plus rapide au cours des quatre dernières années. Le nombre d'enfants au travail dans la région a chuté des deux tiers pendant cette période, pour atteindre désormais un taux de 5 pour cent d'enfants qui travaillent.

 

Le rapport présente l'exemple du Brésil pour illustrer la manière dont les pays peuvent avancer dans le traitement de la question du travail des enfants. Le taux d'activité chez les enfants de 5 à 9 ans a chuté de 61% entre 1992 et 2004, et chez les 10-17 ans ce taux a diminué de 36%.

 

Le Mexique est aussi un des pays qui est parvenu à réduire le travail des enfants sur son territoire. Ces chiffres sont d'autant plus importants que la moitié des enfants d'Amérique latine vivent soit au Mexique, soit au Brésil, et témoignent ainsi de la réalité du déclin général.

 

Retransmission de la conférence de presse à l'ONU de Maria Arteta, Coordonnatrice pour l'Amérique latine des programmes l'OIT sur le travail des enfants [14 min] : http://webcast.un.org/ramgen/pressconference/pc060504am1.rm

 

Source : www.un.org

B- Travail des enfants (UNICEF)

On estime qu'il y a 158 millions d'enfants âgés entre 5 et 14 ans qui travaillent -un enfant sur six dans le monde. Des millions d'enfants travaillent dans des situations ou conditions dangereuses (travail dans les mines, avec des produits chimiques et des pesticides dans l'agriculture ou donnant lieu à la manipulation de machines dangereuses, etc.). Ils sont omniprésents mais invisibles, peinant comme employés de maison, derrière les murs des ateliers et, loin des regards, dans les plantations.

 

En Afrique subsaharienne à peu près un enfant sur trois travaille, ce qui représente 69 millions d'enfants.

En Asie du Sud, 44 autres millions d'enfants sont également au travail.

Les dernières estimations nationales pour cet indicateur ont rapportées au tableau 9 (Protection de l'enfant) de la publication annuelle de l'UNICEF "La Situation des enfants dans le monde".

 

Le travail s'oppose souvent à l'éducation de l'enfant. L'assurance que tous les enfants aillent à l'école et que leur éducation soit de bonne qualité sont les clés de la prévention du travail des enfants.

 

Mis à jour le 20 mai 2011

Source : www.unicef.org

 

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  Travail des enfants au Mexique :

         A- "Au Mexique 3,5 millions d’enfants travaillent, les deux tiers ne reçoivent pas de salaire. "

Vendredi 12 juin, à l’occasion de la Journée mondiale contre le travail des enfants, la Jornada dresse un bilan de la situation au Mexique et fait le point sur la mobilisation des organisations réunies pour dénoncer les situations scandaleuses d’exploitation des mineurs.

 

Au Mexique, parmi les 3, 470 millions d’enfants qui travaillent, 70% ne reçoivent aucun salaire et seulement un cinquième de ceux qui les emploient leur donnent une rémunération quotidienne. Ces chiffres furent dénoncés à l’occasion de la table ronde « No a la explotación laboral, compartamos la mirada y unamos nuestras voces » organisée hier par diverses Organisations Non Gouvernementales.

 

Après avoir invité, pour la troisième année consécutive, à une mobilisation pour dénoncer les mauvais traitements et l’exploitation des enfants –à l’occasion de la Journée mondiale contre le travail des enfants- le collectif d’organisations sociales a appelé à donner une visibilité aux millions d’enfants mexicains qui travaillent dans des conditions d’exploitation, ainsi qu’à augmenter la sensibilité sociale pour exiger de l’Etat qu’il respecte les accords internationaux.

 

Jorge García Hidalgo, de l’organisation « Caminos Posibles », a signalé que d’après la “Encuesta Nacional de Empleo en el Módulo Infantil”, 67% des mineurs qui travaillent sont des garçons et 33% des filles. Presque les trois quarts ont entre 14 et 17 ans, 40% travaillent dans le secteur agricole ; la majorité œuvre dans le commerce familial et 8% déclarent réaliser un labeur difficile pour leur âge comme porter du bois, des sacs de ciment, de grands paniers ou des sacs.

 

En ce qui concerne la discrimination vis-à-vis des petites filles, Centolia Maldonado -du « Frente Indígena de Organizaciones Binacionales de Oaxaca »- est intervenue pour signaler que dans les communautés Mixtèques, les filles sont désignées pour les tâches ménagères tandis que les garçons remplissent le rôle de chef de famille. Elle a soutenu que, même quand les enfants réalisent le même labeur que les adultes, ils ne reçoivent que le tiers du salaire. Par exemple, pour un travail de maçonnerie les enfants sont payés 120 pesos, alors qu’un adulte gagne en moyenne 300 pesos.

 

Margarita Nemesio, du centre des droits de l’homme de la montagne Tlachinollan a dénoncé la mort d’enfants âgés de moins de 10 ans, comme celles de David Salgado, originaire de Ayotzinapa, qui avait 8 ans quand il est mort écrasé par un tracteur ;  Marcial Solano, de Santa María Tonaya, mort de diarrhée dans un champs ; Mario Félix Martínez, de San Mateo, qui perdit la vie à 9 ans en se noyant dans  un réservoir ; Ismael de los Santos Barrera; Rosa de los Santos Gálvez, de la communauté de San Pedro Acatlán ; Estrella Nava, de Guerrero, morte brûlée dans un champs de Sonora ; ou encore Timoteo Ventura Pastrana, qui perdit son bras lors d’un accident dans une ferme.

 

Nashieli Ramírez, de l’association « Ririki Intervención Social », a quant à elle signalé que parmi les 1, 630 millions des travailleuses domestiques que recensait en 2005 l’INEGI (Institut National de Statistiques et de Géographie, ndlr), près de 10 % ont entre 14 et 18 ans. Elle a également dit que dans les pires cas d’exploitations infantiles qui existent au Mexique on trouvait des enfants maçons et éboueurs.

 

Toutes ces organisations demandent, entre autre, un respect des engagements pris lors de l’accord 182 de L’Organisation Internationale du Travail (OIT) ; la création d’un Comité National d’Eradication du Travail Infantile ; l’attribution de fonds pour éradiquer l’exploitation des enfants ; que l’Etat ratifie l’accord 138 de L’OIT sur l’âge minimum d’admissibilité pour un emploi, ainsi que la réincorporation du Mexique dans le Programme International pour l’Eradication du Travail Infantile.

 La Jornada, traduction Nicolas Quirion -(legrandjournal.com.mx), le 12/06/2009.

Source : www.legrandjournal.com

 

  B- Mexique : La condition des enfants et adolescents est préoccupante selon un rapport de l’OCDE

 

Les investissements effectués par le gouvernement mexicain dans les domaines de l’éducation et de la santé en faveur des enfants et adolescents n’ont pas été probants. Bien que le Mexique ait investi 6 % du Produit Intérieur Brut (PIB) pour répondre aux nécessités éducatives et sanitaires des enfants et adolescents, le pays est celui qui présente le pire résultat en matière de lecture et de connaissances mathématiques parmi les jeunes, il est aussi celui qui compte le taux de mortalité infantile le plus important parmi les membres de l’OCDE soit l’Organisation de Coopération et de Développement Économique.

 

L’Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE) a, en 1961, succédé à l’Organisation européenne de coopération économique (OECE), fondée en 1948 pour gérer l’aide américaine d’après-guerre (plan Marshall).

L’OCDE regroupe une trentaine de pays : toute l’Europe occidentale et l’Amérique du Nord, plus le Japon, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Corée et, depuis 1995 et 1996, certains pays d’Europe centrale (République tchèque, Hongrie, Pologne). L’OCDE est le principal rassembleur de statistiques sur les pays développés.

 

Dans un rapport sur l’investissement public dans le domaine de l’enfance et de l’adolescence établi au Mexique entre 2007 et 2010, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance a révélé que huit pesos sur les dix dépensés pour ce secteur de la population étaient destinés à la santé et l’éducation. Malgré cet effort, le document révélé par l’OCDE atteste que les enfants mexicains connaissent les pires conditions éducatives et sanitaires par rapport aux enfants et adolescents des autres pays membres.

 

Ce rapport élaboré depuis l’année 2010 signale que le Mexique est le second pays de l’OCDE avec le taux de pauvreté infantile le plus élevé, le pays se situe après la Turquie. Quant aux réussites en matière d’éducation, les Mexicains de 15 ans sont ceux qui connaissent les pires résultats scolaires parmi les 30 pays membres. Le taux de mortalité infantile au Mexique est trois fois supérieur à la moyenne des autres pays de l’OCDE. Cela signifie que pour 18,8 enfants mexicains qui décèdent à la naissance, les autres pays connaissent en moyenne un taux de 5,3 décès. En Islande, en Suisse et au Luxembourg, ce taux est même inférieur à 3.

 

Le Mexique occupe la première place concernant les grossesses menées par des adolescentes, sur 1000 adolescentes mexicaines âgées entre 15 et 19 ans, presque 66 d’entre elles ont déjà des enfants. La moyenne des pays membres de l’OCDE pour cette tranche d’âge est de 15,5 naissances, le pays qui présente le taux de fécondité le plus bas parmi les adolescentes est le Japon, suivi par la Corée, avec un taux inférieur à quatre naissances.

 

La plus grande partie des dépenses publiques effectuées en faveur des enfants et adolescents sont destinée à l’éducation et à la santé. En ce qui concerne la protection contre les abus, la violence, exploitation, et la discrimination, les ressources disponibles sont quasi inexistantes, selon l’Unicef. Pour cela, l’organisme international recommande au gouvernement mexicain d’équilibrer les ressources afin d’aider tous les secteurs qui sont en relation avec l’enfance et qui ne bénéficient pas de moyens suffisants. Il doit y avoir une distribution efficace et équitable des dépenses sociales qui puisse permettre de garantir le respect des droits des enfants et des adolescents au Mexique » a suggéré l’organisme international.

 

Au Mexique, en accord avec un rapport émis par le Conseil National rattaché à la lutte contre la discrimination (CONAPRED), 2 678 570 mineurs âgés entre cinq et 17 ans ne sont pas scolarisés pour des raisons d’insécurité, de discrimination, ou en raison d’une incapacité à se rendre à l’école due à la distance. De fait, 1 482 826 de jeunes filles et jeunes garçons n’étudient pas.

 

Autre constat désolant qui fait suite à cette analyse, c’est le fait que les enfants qui travaillent, soit presque la moitié d’entre eux (47,6 %) ne perçoivent aucun salaire ou bien un maigre dédommagement en espèces, la moitié de ceux qui perçoivent un salaire (49,3 %) touchent un salaire minimum.

 

Face à ce constat, des chercheurs qui ont publié une enquête nommée « L’exploration ergonomique des enfants qui travaillent dans la rue: Ciudad de México » (réalisée par l’Ecole Nationale du Travail Social de la Unam), ont révélé que les enfants mineurs, qui travaillent, mesurent jusqu’à 10 cm en moins que ce qui sont normalement scolarisés.

 

Selon des chiffres remis par la Commission des Droits de l’Homme, les enfants mineurs des communautés indigènes sont ceux dont les droits fondamentaux sont les plus bafoués au Mexique, le taux de mortalité infantile de la communauté indigène est 60 % plus important que celui de la population non indigène.

 

De façon plus générale, selon l’OCDE, un enfant mexicain sur quatre vit dans un foyer pauvre, un chiffre deux fois supérieur à la moyenne enregistrée parmi les autres pays membres de cet organisme.

 

Un quart des enfants mexicains vit dans la pauvreté c’est-à-dire 8,2 millions de mineurs si l’on prend en compte uniquement ceux qui sont âgés de zéro à 14 ans, si l’on considère une tranche d’âge plus large (jusqu’à l’âge de 19 ans), ce chiffre monte à 10,9 millions.

 

Face à cette lamentable situation que subissent les enfants mexicains, il s’avère indispensable de redéfinir les politiques publiques qui se focalisent sur le soutien à apporter à ce secteur fragile de la population car les mesures adoptées jusqu’à présent n’ont pas été efficaces pour répondre aux besoins des jeunes au Mexique, et principalement parmi les communautés indigènes.

 

Il faut savoir que le travail des enfants mexicains ne se limite pas aux frontières nationales. Chaque année, les organismes internationaux estiment que 400 000 enfants travaillent comme ouvriers agricoles aux Etats-Unis. Ce fléau a particulièrement touché l’actrice Eva Longoria, célèbre pour son rôle dans la série à succès Desperate Housewives qui a financé en qualité de productrice un documentaire intitulé La Cosecha (la récolte), réalisé par Roberto Romani. Ce documentaire qui sensibilise sur le travail des enfants et adolescents mexicains avait été présenté en avant-première à la fin mars lors du Festival International du Cinéma de Guadalajara (FICG).

 Article rédigé par Aline Timbert le 3 mai 2011

Source : www.actulatino.com

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   Le Mexique : un pays du Sud ou un pays du Nord ?

     A - La limite Nord/Sud : définition et historique de cette limite.

             Voir : mappemonde.mgm.fr

 

     B - Présentation du Mexique

·   Données géographiques

 

Superficie : 1 972 550 km2

 

Villes principales : Mexico (23 M hab), Guadalajara (4,2 M h), Monterrey (3,9 M h), Puebla (2,9 M h).

 

Langues indigènes : Nahuatl (1,2 Millions) ; Maya (714 000) ; Zapotèque (403 000) ; Mixtèque (387 000).

 

Monnaie : 1 peso mexicain = 0,06 euro (taux de chancellerie au 16 mars 2011).

 

 

 

Données démographiques (Banque Mondiale)

 

Population 2010 : 112,3 M hab (Inegi) 11ème rang mondial.

 

Densité : 56,3 h/km2

 

Croissance démographique 2009 : 0,9% ; estimations 2010 : 1%

 

Espérance de vie : 76,7 ans

 

Taux d’alphabétisation : 93 %

 

Religions : 84% catholiques, 10% protestants ; le catholicisme populaire est imprégné d’éléments d’origine indienne.

 

Indice de développement humain -IDH PNUD (2010) : 0,750 ; 56ème

 

Données économiques (CEPAL, Banque Mondiale, OCDE, DGT)

PIB 2010 : 1021 Md USD (2009 : 968,1 Mds USD)

 

PIB par habitant 2009 : 8 135 USD (est 2010 : 10 242 USD)

 

Taux de croissance 2010 : 5,5% (2009 : -6,1 %)

 

Taux de chômage 2009 : 4,6% (est 2010 : 4,4%) au sens du BIT (chiffres officiels : en 2009 5,26%, est 2010 : 5,2%)

 

Balance commerciale 2010 : -3,1 Mds USD (2009 : - 6,2 Mds USD)

 

Exportations 2010 : 298,4 Mds USD ; Importations 2010 : 301,5 Mds USD

 

Principaux clients 2009 : 1- Etats-Unis (80% des exportations), 2- Canada (3,6%), 3- Allemagne (1,4%), 4- Espagne (1,1 %)

 

Principaux fournisseurs 2010 : 1- Etats-Unis (48%), 2- Chine (15%) 3- Japon (5%)

 

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB 2010 (INEGI) :

- agriculture : 4%

- industrie : 33%

- services : 63%

 

IDE flux 2010 : 17,73 Mds USD (+16,6% par rapport à 2009).

 

Politique intérieure

 

Le Mexique (Estados Unidos Mexicanos) est une République fédérale composée de 31 États et d’un District fédéral (ville de Mexico).

 

La sécurité est l’objectif prioritaire du gouvernement. Face au développement d’organisations criminelles puissantes, liées notamment au trafic de drogue, Felipe Calderon a décidé de déployer l’armée (50000 hommes) et de réorganiser la police. La violence ne cesse de croître (plus de 34 000 victimes liées au narcotrafic depuis 2006, plus de 15000 en 2010) ainsi que les enlèvements (près de 7 000 par an selon des sources non officielles). Des abus commis par les militaires ou la police, des dysfonctionnements de la justice ont été rapportés et dénoncés notamment par la CIDH. Les dernières élections ont été marquées par l’intrusion des cartels dans la vie politique locale (assassinats de candidats, enlèvement d’un ancien candidat présidentiel). Les arrestations, les saisies d’armes et de drogue ont fragilisé les organisations criminelles.

 

Le Président Calderon a engagé des réformes pour moderniser son pays et l’ouvrir vers l’extérieur. Il en a réalisé certaines (réforme des retraites de la fonction publique, des systèmes électoral et judiciaire, restructuration de Pemex et redéploiement du secteur énergétique, modernisation des polices...).

 

L’emploi et les problèmes économiques demeurent les préoccupations majeures de la population, avec l’insécurité. Fortement dépendante des Etats-Unis qui absorbent 80% de ses exportations, l’économie mexicaine a subi la crise économique et financière de 2009 de plein fouet, dont l’effet a été aggravé par la crise sanitaire de mai 2009, la chute des transferts de fonds des migrants et celle des ressources touristiques (-15 % en 2009). Malgré un système financier qui résiste bien, la crise a mis en lumière les fragilités structurelles du pays et sa double dépendance à l’égard du pétrole et des Etats-Unis. La reprise s’annonce, mais elle reste très liée à l’amélioration de la conjoncture économique américaine.

 

Au plan social, le Mexique demeure un pays très divisé qui présente des caractéristiques d’un pays en développement (pauvreté, inégalités sociales et régionales, importance de l’économie informelle, insuffisances dans le domaine de l’éducation ou la santé) mais qui dispose aussi d’un socle industriel et commercial à certains égards comparable à celui des grands pays industrialisés.

 

Situation économique

Quatorzième économie mondiale, membre de l’OCDE, le Mexique est, après le Brésil, la deuxième puissance économique en Amérique Latine. C’est l’une des économies les plus ouvertes de la région. Le pays est lié par des accords de libre-échange avec une quarantaine de pays importants, dont les Etats-Unis et le Canada (accord de l’ALENA), ainsi qu’avec l’Union Européenne. Il a conclu 24 accords pour la promotion et la protection réciproque des investissements.

 

Avec le Brésil, il est un des réceptacles les plus importants d’IDE en Amérique Latine (le 11ème pays récepteur au niveau mondial). Il peut se prévaloir d’institutions politiques stables, d’une Banque Centrale relativement indépendante, d’une politique macroéconomique prudente (flexibilité du change accompagnée de la fixation d’un objectif d’inflation, obligation d’équilibre budgétaire et gestion avisée de la dette), d’un marché intérieur potentiellement vaste et de l’existence de groupes industriels nationaux de taille mondiale (Cemex, Telmex, Televisa, Pemex, Grupo Modelo, Bimbo...).

 

L’économie mexicaine repose sur trois piliers :

- la production pétrolière (10ème producteur mondial, les recettes pétrolières représentent 40% des ressources totales de l’Etat mexicain en 2010), mais en l’absence d’une réforme profonde, les investissements chutent entraînant une diminution de la production ;

- le secteur industriel (33% du PIB et 24 % de la population active) : industrie automobile (9ème producteur mondial), agroalimentaire, industrie lourde (Cemex 3ème cimentier mondial) et nouvelles technologies (en fort développement au Mexique et en particulier dans la région de Guadalajara)

- le secteur tertiaire (63 % du PIB et emploi 56% de la population active) : tourisme (8% du PIB), audiovisuel (Televisa et TV Azteca), télécommunications.

 

Pays d’Amérique latine le plus touché par la crise de 2009 (- 6,1 % de PIB en 2009 contre une moyenne latino-américaine de 3 %) et par les effets de la pandémie grippale (évalués à une chute de 1% du PIB), le Mexique a vu en 2010 un net redressement de l’activité économique (+5,5% estimation). Le réveil de la demande américaine a favorisé la reprise du commerce extérieur, qui tire l’expansion économique plus que le marché intérieur, relativement atone. Jusqu’à présent l’existence d’un système financier sain ainsi que la souscription régulière d’une assurance pétrolière ont permis au Mexique de bien résister aux crises et de bénéficier du soutien des organismes financiers internationaux. En 2010, le déficit budgétaire représente 2,8% du PIB, le solde courant 0,6% du PIB, et la dette publique 39% du PIB. Des réformes structurelles sont néanmoins indispensables. S’inscrivant dans la nouvelle architecture financière voulue par le G20, le Président Calderon a créé en juillet 2010 un Conseil de stabilité du système financier dédié à la protection du système financier contre les risques systémiques.

 

Mise à jour : 06.06.2011

Extraits de : www.diplomatie.gouv.fr

 

C - Statistiques sur le développement humain :

        hdrstats.undp.org 

 

D - Statistiques de l’OCDE

        www.oecd.org

 

E - Les inégalités régionales

 

 

Source : cartographie.sciences-po.fr

 

F - La lutte aux disparités régionales au Mexique

Le Mexique a d’importantes disparités régionales. Ce sont notamment les États du sud-est qui, depuis des générations, accusent des retards significatifs de développement par rapport à la moyenne nationale. Les quatre États du sud-est mexicain (Chiapas, Guerrero, Puebla, Oaxaca) affichent des indices de PIB par habitant inférieurs à 67 % de la moyenne nationale. Réduire les disparités entre régions « riches » et régions « pauvres » constitue un des plus grands défis de la république mexicaine.

 

Les inégalités territoriales de développement économique se traduisent par des inégalités de bien-être et d’accès aux services de base. Le nombre de médecins par habitant est 5 fois moins élevé dans le Chiapas qu’à Mexico (District Fédéral). Le taux de mortalité infantile est deux fois plus élevé dans Oaxaca que dans l’État « prospère » de Nuevo León à proximité de la frontière américaine. La proportion de la population ayant un accès direct à l’eau potable est, en moyenne, de 58 % dans le sud-est, comparativement à 96 % à Mexico et 93 % dans Nuevo León. Des zones à prédominance autochtone (indígena) comme la Sierra Norte de Puebla vivent dans un isolement quasi total, dépourvues de services de base, à la marge de la modernisation, dans des conditions géographiques et climatiques difficiles. Assurer leur développement économique et leur intégration (harmonieuse) dans le tissu social mexicain reste un défi de taille.

 

La lutte aux disparités économiques régionales est une priorité du gouvernement mexicain. Plusieurs programmes ont été mis en place, dont le plus connu est Pronasol («Solidaridad»). Des programmes d’aide aux communautés pauvres font également l’objet de politiques des divers États de la fédération mexicaine. Pour l’État de Puebla, mentionnons le Programa Indígena del Estado de Puebla (Programme de développement des communautés autochtones) et les Plans de développement pour les régions de la Mixteca et de la Sierra Norte. Tous ces programmes visent, par des moyens divers, à sortir les communautés isolées de leur condition de pauvreté; ils reposent en bonne partie sur le développement de ressources humaines. Cependant, cela exige la présence sur place de formateurs et de gestionnaires compétents. Faute de moyens adéquats des gouvernements, ce sont souvent des ONG qui prennent la relève dans les zones les plus isolées, y compris comme institutions d’enseignement et de formation.

 

Source : uquebec.ca

 

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